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Lancement de la campagne Forme-toi à ta sauce !

L’Interfédération des centres d’insertion socio­professionnelle (CISP) a présenté, le 19 janvier à Namur, les résultats et recommandations d’une enquête inédite sur la baisse du recrutement dans certaines filières de formation. Alors que le secteur formait environ 15 000 personnes chaque année, jusqu’à la crise covid, il peine désormais à recruter des candidats en formation dans plusieurs de ses centres. Bien que moins touchées que d’autres centres, les Régionales wallonnes de Lire et Écrire ne sont pas épargnées pour autant. Les raisons sont multiples. Pour y faire face, le secteur, dont Lire et Écrire, va lancer plusieurs actions.

Une baisse du recrutement CISP

Le constat de l’étude de Dimitri Léonard (Interfédé) est sans appel : 25% de stagiaires en moins depuis deux ans dans les CISP. Un constat interpellant qu’on retrouve aussi chez d’autres opérateurs de formation. Pour mieux comprendre les raisons de cette baisse inédite du recrutement dans certaines filières de formation et tenter d’inverser la tendance, une étude d’envergure a été menée. Celle-ci sera publiée en février mais parmi les pistes d’explication, on retrouve plusieurs points :

  • L’enchaînement et la multiplication des crises (financière, sanitaire, de l’énergie, avec même des inondations par endroits…), Découragement, changement d’habitudes, isolement, digitalisation des services… de nombreuses institutions ont été peu disponibles, voire totalement absentes. Comment se projeter à moyen ou long terme face à un environnement aussi incertain ?
    Pour aller plus loin, retrouvez les interventions de différents experts lors du colloque organisé par Lire et Écrire Wallonie en octobre 2022.
  • Un niveau plus culturel, les attentes vis-à-vis du travail évoluent peu à peu et la qualité de vie passerait désormais avant la qualité du travail. D’où l’enjeu de redonner du sens au travail et à la formation. Mais aussi d’informer davantage, pour démystifier certains métiers.
  • Au niveau structurel, les freins sont aussi nombreux. Les politiques de l’emploi et de la formation focalisées principalement sur les pénuries de main-d’œuvre dans certains secteurs d’activités seraient, pour de nombreux professionnels, une fausse bonne idée. Ajoutez à ça un paysage de la formation devenu peu lisible (qui fait quoi ? pour qui ? comment ?) ; une marchandisation du secteur de l’insertion socio­professionnelle, avec parfois le développement d’un système concurrentiel malsain ; ou encore la précarisation croissante de nos publics, pour lesquels il peut être parfois économiquement plus intéressant de ne pas commencer une formation…

Repérer, mobiliser, créer du lien

Il n’y a pas de recette miracle pour inverser cette tendance précise l’auteur de l’étude, Dimitri Léonard. Néanmoins, plusieurs pistes d’actions peuvent être envisagées :

  • Repérer où est le public.
  • La mobilisation. Développer des services complémentaires, repenser son offre de formation, organiser des rencontres entre candidats et anciens stagiaires, élargir les séances d’informations…
  • La création du lien. L’enjeu sera par exemple d’accompagner les personnes qui abandonnent la formation puis qui y reviennent, de garder contact avec les anciens stagiaires qui restent – par le bouche à oreille – nos meilleurs ambassadeurs, ou mettre en place des « échanges de bonnes pratiques » avec d’autres centres pour réinventer ses façons de faire…

Trois pistes d’actions partagées par Lire et Écrire en Wallonie. Plus spécifiquement au niveau de l’alphabétisation, un observatoire de l’alphabétisation et du FLE en région wallonne est en développement. Ce dernier est coordonné en partenariat étroit par Lire et Écrire en Wallonie et le DISCRI. Un premier rapport devra être remis au pouvoir subsidiant fin 2023, comprenant à la fois une analyse de l’offre et de la demande de formation en alphabétisation et en FLE, afin d’en déduire les territoires nécessitant les plus forts investissements pour pallier une offre parfois insuffisante ; et une première estimation des besoins non exprimés mais ayant des effets sociaux bien réels, puisque la faible maitrise de ces compétences de base renforce considérablement les risques de non-recours aux droits sociaux et plus largement d’exclusion.

Mobilisation du secteur : Forme-toi à ta sauce !

En parallèle à cette étude, le secteur planche depuis plusieurs mois sur les moyens de relancer le recrutement et vient de débuter officiellement sa première campagne de communication sectorielle, spécifiquement destinée aux futurs apprenants.

Le but de la campagne est de susciter l’attention pour mieux faire connaitre la formation CISP. On vise en priorité les potentiels candidats en formation mais aussi plus largement, l’ensemble des partenaires et le grand public. Chacun a autour de lui quelqu’un qui cherche un nouveau départ, une personne potentiellement intéressée par nos formations. Tout le monde peut servir de relais… Avec plus de 250 lieux de formations en Wallonie, on quadrille vraiment tout le territoire. Les gens connaissent souvent un centre ou l’autre mais ne se rendent pas compte que nous sommes tous rassemblés sous la même bannière CISP. On va tout faire pour relancer la dynamique…

Benjamin Vokar – Chargé de communication à l’Interfédé des CISP

Un tout nouveau site web – cisp.be – qui recense et géolocalise pour la première fois l’ensemble de nos lieux de formations en Wallonie est en ligne ainsi qu’une importante campagne d’affichage lancée dans près de 800 lieux en Wallonie.

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