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Bulletin de veille documentaire no 7, septembre 2020

L’avancée de la recherche dans le secteur de l’alphabétisation

Le Bulletin de veille documentaire fait écho trois fois par an de l’avancée de la recherche nationale, européenne et internationale dans le secteur de l’alphabétisation ou susceptible d’intéresser ce dernier. Il se compose d’une sélection d’études, d’enquêtes quantitatives et qualitatives, d’articles de presse, de revues professionnelles et scientifiques en lien avec l’alphabétisation ou les publics concernés.

Il est complété par une veille législative sur les politiques européennes.

Outil de communication, il est destiné à mettre à disposition des chercheurs ainsi qu’auprès des personnes intéressées des ressources pertinentes afin d’être informé et de comprendre les évolutions des domaines liés à l’alphabétisation. Il est organisé par thématiques afin de mieux identifier les informations.

Si vous souhaitez recevoir les bulletins de veille documentaire par e-mail, envoyez votre demande à l’adresse aurelie.leroy@lire-et-ecrire.be

Illettrisme des jeunes

Journée défense et citoyenneté 2019 : plus d’un jeune Français sur dix en difficulté de lecture

Chabanon Léa, in Note d’information no 20.20, Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance, Ministère de l’Éducation nationale et de la jeunesse, juin 2020, 4 p. (France).

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La Journée défense et citoyenneté est une étape du parcours de citoyenneté obligatoire pour tous les jeunes de nationalité française âgés de 16 à 25 ans. L’objectif de cette journée est d’aborder différentes problématiques : la citoyenneté, la sécurité routière et les questions liées à la Défense. Un test d’évaluation des apprentissages fondamentaux de la langue française est également organisé.

Entre janvier et aout 2019, près de 496 000 jeunes âgés de 16 à 25 ans ont passé le test d’évaluation de la langue française. Trois dimensions sont évaluées : la capacité à réaliser des traitements complexes (compréhension de l’écrit, capacité à rechercher de l’information), l’automaticité de la lecture (homophonie entre un mot et un item prononçable mais sans signification) et la connaissance du vocabulaire. Huit profils de lecteurs regroupés sous 4 appellations sont distingués : difficultés sévères, très faibles capacités de lecture, lecteurs médiocres et lecteurs efficaces. 11,8 % d’entre eux sont en difficulté de lecture. Les garçons sont plus fréquemment en difficultés que les filles (13,7 % contre 10,1 %) et témoignent, ainsi, plus souvent d’un déficit des mécanismes de base de traitement du langage écrit. Les jeunes en difficulté de lecture sont de moins en moins nombreux à mesure que le niveau d’étude s’élève.

Des disparités régionales sont mises en évidence : la fréquence des difficultés de lecture est plus importante dans les départements du nord ou entourant l’Île-de-France ainsi qu’en outre-mer. 5,3 % sont en situation d’illettrisme selon les critères de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme. Ces derniers rencontrent des difficultés importantes en termes de vocabulaire et 3,5 % d’entre eux n’ont pas acquis les mécanismes de base du traitement du langage écrit.

Technologies de l’information et de la communication

Baromètre de l’inclusion numérique 2020

Brotcorne Périne et Marien Ilse, Fondation Roi Baudouin, 61 p.

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Le baromètre de l’inclusion numérique, rédigé par la Fondation Roi Baudouin, a pour ambition d’identifier le phénomène de l’exclusion numérique en Belgique afin de mieux en comprendre les causes et les conséquences. Un Belge sur quatre est à risque d’exclusion digitale. Trois formes d’inégalités numériques sont mises en évidence.

La première est liée à l’accès aux technologies numériques. En comparaison avec les pays limitrophes, la Belgique est le pays le plus inégalitaire quant à l’accès à internet. 29 % des ménages avec des faibles revenus ne disposent pas de connexion internet à domicile, contre 1 % des ménages avec des hauts revenus. Cet écart de 28 % est supérieur à ceux observés en Allemagne (15 %), en France (21 %), au Luxembourg (7 %) ou aux Pays-Bas (4 %).

La deuxième forme d’inégalités numériques concerne les inégalités relatives aux compétences numériques. 32 % de la population belge a de faibles compétences numériques et 8 % sont des non-utilisateurs d’internet. Ce chiffre grimpe à 75 % chez les personnes avec des faibles revenus et un niveau de diplôme peu élevé.

Le dernier type d’inégalité est lié à l’utilisation des services essentiels. 85 % des Belges utilisent internet tous les jours et notamment les services en ligne (e-banking, e-commerce…) Néanmoins, 57 % des internautes peu diplômés et 56 % de ceux ayant de faibles revenus n’ont jamais effectué de démarches administratives en ligne, alors qu’ils étaient censés le faire.

Le baromètre met aussi le focus sur trois publics spécifiques susceptibles de rencontrer des difficultés avec le numérique : les personnes en difficulté avec l’écrit, les personnes âgées et jeunes issus de milieux fragilisés… Autant de publics qui, à un moment ou à un autre, peuvent rencontrer des difficultés pour accéder à des services en ligne (banque, emploi, éducation, santé, administration… Il révèle aussi des disparités importantes entre Régions en matière d’accès et d’utilisation des technologies numériques – la Wallonie se démarquant par une moins bonne couverture haut débit et une utilisation moindre des services en ligne… La Flandre a une utilisation plus intensive des services en ligne (e-banking, e-commerce, e-achats…) en comparaison avec la Wallonie et la Région de Bruxelles-Capitale. Le recours aux démarches administratives en ligne semble quant à lui stagner dans les trois Régions.

Ces constats montrent donc que les bénéfices de la numérisation croissante de la société profiteraient surtout aux groupes socialement, culturellement et économiquement avantagés, accroissant ainsi les écarts entre les groupes sociaux.

Le numérique va-t-il révolutionner l’éducation ?

Galand Benoît, in Cahiers du GIRSEF, no 120, mars 2020, 19 p.

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Quelle place donner au numérique (ou TICE technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement) en éducation ? Doit-on favoriser leur usage et investir massivement dans ces outils ?

Cet article dresse un bilan et met en perspective les études concernant les effets de l’usage du numérique sur les élèves. Sept idées courantes sont mises en discussion : l’interactivité et le caractère multimédia du numérique boostent l’apprentissage ; le numérique favorise l’autonomie des apprenants ; le numérique est plus motivant ; les jeux vidéo et programmation permettent de développer des compétences transversales ; les savoirs sont disponibles en ligne, donc plus besoin de les enseigner et de les apprendre ; les apprenants d’aujourd’hui sont fondamentalement différents de ceux qui les ont précédés ; le numérique permet de faire baisser les couts de l’éducation.

Les résultats montrent qu’au regard des apprentissages, le numérique n’a aucune vertu particulière par rapport à d’autres outils, mais présente des couts cachés souvent peu évoqués. Globalement, l’auteur souligne que les résultats sont cohérents avec l’hypothèse selon laquelle la méthode pédagogique choisie fait bien plus la différence pour l’apprentissage que le média utilisé.

Crise sanitaire / Covid-19

Indice de situation sociale de la Wallonie. Focus sur les impacts de la crise Covid-19 sur les conditions de vie et inégalités sociales en Wallonie

Reginster Isabelle et Ruyters Christine, in Rapport de recherche no 40, Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique, juillet 2020, 101 p.

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L’indice de situation sociale de la Wallonie (ISS) constitue un indicateur complémentaire au Produit Intérieur Brut, mesure commune du progrès économique et de la croissance, élaboré à la demande du Gouvernement wallon afin de guider et d’évaluer son action dans une perspective de développement durable. Son objectif est de faire un état des lieux annuel du progrès social de la Wallonie en comparaison avec l’évolution du PIB par habitant. L’année 2020 étant marquée par la crise sanitaire engendrée par le Covid-19, ce rapport de recherche analyse l’impact de la crise sur la situation sociale de la Wallonie sous plusieurs angles : démographie, santé (maladies chroniques, santé mentale), logement, formation (décrochage scolaire, formation continue), culture (fréquentation des opérateurs culturels), sécurité (sécurité routière, violence), valeurs (satisfaction de vie, solidarité), revenu, emploi. Il met également un point d’attention sur les populations en grande précarité, confrontées à des problématiques spécifiques (migrants, sans-abri, etc.).

L’analyse des indicateurs de PIB et de la situation sociale montre que jusqu’à la crise de 2008, l’augmentation du PIB/habitant, autrement dit la croissance, s’accompagne d’une détérioration de la situation sociale. La crise financière de 2008 fait chuter le PIB/hab. en 2009 et bride sa croissance jusqu’en 2013. À partir de 2013, la relance de l’activité économique entraine une progression de la situation sociale jusqu’en 2018. Si, depuis cette période, le développement économique est présent, le rapport met en évidence une augmentation continue des déséquilibres socio­économiques. La crise actuelle se superpose donc à une dégradation sociale préexistante. Au-delà de la situation sanitaire, cette crise a exacerbé et mis en lumière de multiples inégalités. Certaines catégories de la population ont été davantage touchées (travailleurs sous contrats précaires – jeunes, femmes, familles monoparentales, personnes ayant besoin d’une protection internationale, personnes en fracture numérique, parents d’enfants handicapés…). La situation des personnes les plus précaires s’est fortement dégradée tant sur le plan de leur santé que de leurs droits fondamentaux (logement, alimentation, isolement, enseignement…).

La crise sanitaire du Covid-19 : Partir du vécu des citoyens et citoyennes pour réinventer le monde de demain

Stultjens Éléonore, Vierendeel Florence, Femmes prévoyantes socialistes, aout 2020, 110 p.

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Dans une démarche d’éducation permanente, cette étude se veut questionner notre société actuelle et identifier les revendications majeures, basées sur les besoins et souhaits des citoyens, afin de mettre en place le monde « post-Covid-19 ». Cette étude se subdivise en trois parties.

La première offre une mise en contexte de la situation politique belge au niveau fédéral et de ses enjeux. Si un an après les élections, aucun gouvernement fédéral n’était encore formé, une situation d’urgence s’est mise en place au travers du gouvernement Wilmès, doté de pouvoirs spéciaux. La crise politique belge est bien en toile de fond dans ce contexte particulier. Les auteurs décryptent les mesures prises pendant la crise sanitaire et émettent plusieurs options afin de résoudre cette crise politique.

La deuxième partie analyse 253 témoignages de citoyens et citoyennes, obtenus via un questionnaire en ligne. Elle dresse un état des lieux du vécu, des obstacles qui ont été rencontrés par les Belges lors de la période de confinement sur les plans familial, relationnel, financier, du travail et de la santé. Les vécus révèlent l’ampleur des conséquences de la crise du Covid-19 : dégradation de la santé mentale, augmentation de la précarité, du chômage, des inégalités scolaires, de la violence faite aux femmes, reports des soins de santé, etc.

La dernière partie articule le vécu des citoyens et citoyennes avec le contexte politique fédéral dans le but de formuler les enjeux collectifs pour l’avenir. Des pistes d’action et de revendications sont proposées sur les volets socio­économique, socio­environnemental et politique afin de construire un nouveau modèle de société.

Santé

Les inégalités d’accès aux soins de santé en Belgique. Rapport de synthèse

Baeten Rita et Ces Sophie, Observatoire social européen, juillet 2020, 30 p.

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De manière globale, l’accès aux soins de santé en Belgique est relativement bon. Ainsi, en 2017, 2 % de la population adulte déclarait des besoins en soins médicaux non satisfaits pour des raisons financières. Toutefois, ces statistiques tendent à sous-estimer des inégalités importantes en fonction des niveaux de revenu. En effet, les besoins en soins de santé non satisfaits sont principalement rencontrés par les personnes socio­économiquement défavorisées. Les écarts entre les individus avec les revenus les plus bas et les plus élevés sont parmi les plus marqués de l’Union européenne. De plus, ces chiffres sont en augmentation ces dernières années : parmi les personnes qui ont les plus bas revenus, 4,1 % ne peuvent satisfaire leurs besoins en soins médicaux en 2011 contre 6,7 % en 2017.

Cette recherche a pour objectif de comprendre les raisons de cet accès inégal aux soins de santé. Elle s’appuie sur les données de l’enquête européenne SILC (relatives aux besoins de soins médicaux et dentaires non satisfaits déclarés par les personnes interrogées) ainsi que sur des entretiens menés auprès de professionnels de soins de santé, travailleurs sociaux et de patients affectés par des maladies chroniques.

Il apparait que l’augmentation des inégalités d’accès aux soins de santé, durant la dernière décennie, s’explique par le fait que les personnes ayant de faibles revenus ont de plus en plus de difficultés à financer ses soins de santé. L’étude n’a pas identifié de changements évidents dans le système de santé qui pourraient expliquer cette évolution. Toutefois, il semble que le budget disponible après déduction des services essentiels (logement, factures, etc.) soit en cause.

Les résultats montrent aussi que le système d’assurance maladie belge est insuffisant pour répondre de manière adéquate aux problèmes rencontrés par les personnes vulnérables et qui sont parfois confrontées à des diminutions ou pertes soudaines de revenus. Dans le contexte de crise sanitaire, ces constats ont été d’autant plus criants. Par conséquent, la population vulnérable, qui est aussi celle qui a le plus besoin de soins de santé, est donc la plus exposée aux risques de renoncement ou de report des soins de santé. La recherche pointe de nombreuses difficultés structurelles, propres au système de santé belge, entravant la lutte contre les inégalités dans l’accès aux soins de santé et invite les parties prenantes à travailler ensemble afin de garantir un accès à tous.

Quand le masque tombe… La crise de la pandémie du Covid-19 dans l’aggravation des inégalités sociales de santé, analyse de la littérature

Observatoire de la santé du Hainaut, mai 2020, 30 p.

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Cette revue de littérature s’articule autour de trois axes d’analyse.

Le premier vise à éclairer comment la pandémie affecte différemment les personnes et les groupes sociaux en amplifiant les inégalités sociales de santé face au virus. Les personnes âgées, les femmes, les personnes déjà affectées par d’autres maladies, sont davantage touchées par le Covid-19. Les facteurs psychosociaux jouent un rôle également : les quartiers les plus défavorisés se révèlent être des environnements plus propices à la propagation du virus. Les facteurs environnementaux ne sont pas en reste : la pollution atmosphérique aggraverait la propagation de la pandémie.

Le deuxième axe propose une réflexion éthique pour questionner la notion de responsabilité en lien avec la promotion de la santé. Si les mesures individuelles barrière sont importantes à diffuser, l’auteur invite à ne pas omettre d’encourager la responsabilité collective.

Le dernier axe tente enfin de mettre en perspective les stratégies opérationnelles et innovantes en réponse au contexte de crise sanitaire.

Veille législative européenne

Directive 2016/2102 relative à l’accessibilité des sites internet et des applications mobiles des organismes du secteur public

Le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne, 26 octobre 2016.

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La directive européenne relative à l’accessibilité des sites web est entrée en vigueur le 22 décembre 2016. Elle veille à ce que tous les sites web et applications mobiles des organismes publics de tous les États membres soient rendus accessibles, c’est-à-dire perceptibles, utilisables, compréhensibles et robustes selon les termes employés dans le texte officiel. La directive indique également que l’accessibilité devrait s’entendre comme des principes et des techniques devant être respectés lors de la conception, de la construction, du maintien et de la mise à jour de sites internet et d’applications mobiles afin de les rendre plus accessibles aux utilisateurs, en particulier les personnes handicapées. Afin que leur accessibilité soit garantie et validée par l’organisme de contrôle désigné à cet effet (SPF Stratégie et Appui pour la Belgique), les sites et toutes les applications concernées devront être conformes à la norme EN301549 Accessibility requirements for ICT products and services. Une déclaration d’accessibilité, selon un modèle fourni par la Commission européenne, pourra alors être remplie et publiée.

En Belgique, les organismes concernés sont :

  • Tous les sites du gouvernement fédéral, du service public wallon, de la Région flamande, de la Région bruxelloise et de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
  • Les applications telles que Tax-on-Web, IrisBox, MyPension, MyHandicap, etc.
  • Les sites de la sécurité sociale : ONEM, CAPAC, FEDRIS…
  • Les transports en commun : la STIB, De Lijn, les TEC, la SNCB.
  • Les institutions provinciales, les administrations communales et les CPAS.

Cette directive a été transposée en droit belge à tous les niveaux : une loi fédérale belge parue en juillet 2018, une ordonnance de la Région Bruxelles-Capitale en octobre 2018, un décret de la COCOF en juin 2019, un décret de la Région wallonne en septembre 2019.

Le site https://accessibility.belgium.be/fr propose des outils et un appui à tous les organismes qui souhaitent rendre leur site accessible.

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