Les résultats du CEB 2026 ne sont pas bons : près de 15 % des élèves ne passent cette étape d’apprentissage de base. Comme l’explique un article de La Libre, ces résultats s’expliquent notamment par le fait que, pour la première fois, on faisait référence aux savoirs et compétences redéfinis dans les nouveaux référentiels du tronc commun. Une des explications de ces moins bonnes performances serait ce changement de cap, une nouveauté qui n’aurait plus permis aux élèves de s’entrainer en reprenant les examens des années antérieures. Autre petite différence : cette année, les élèves devaient obtenir 50 % en sciences et 50 % en histoire, avec l’interdiction de cumuler les résultats de ces deux matières pour atteindre 50 %.
À Lire et Écrire, nous sommes inquiets face aux résultats de cette année, mais ce que nous craignons encore plus, ce sont les épreuves de 2027 où le seuil de réussite passera à 60 % au total avec l’obligation d’atteindre 50 % dans toutes les matières.
Au début de l’année, dans une analyse d’Aurélie Leroy, nous l’avions déjà dit. Et aujourd’hui, nous le répétons :
- Il est impératif d’interroger les présupposés d’une telle décision et ses potentiels bénéfices ? Pour la ministre de l’Enseignement, Valérie Glatigny, il s’agit de relever le niveau, apprendre aux jeunes à avoir le sens de l’effort. Pour nous, il s’agit de créer un enseignement plus élitiste et inégalitaire encore.
- Il est impératif d’analyser les impacts sur l’échec scolaire et donc, potentiellement, sur le nombre de personnes en difficulté de lecture et d’écriture.
Modifier le seuil de réussite sans s’attaquer aux problèmes structurels de notre système a peu de chances de permettre aux élèves de mieux réussir. Aucune étude scientifique ne vient soutenir l’opportunité d’un pareil relèvement du seuil de réussite. Une ambition qui ne serait, en fin de compte, motivée que par le seul choix idéologique.
Au contraire, de nombreuses études ont mis en évidence les effets délétères de l’échec scolaire : relégation, diminution de l’estime de soi, abandon scolaire, cout du redoublement, etc. Cette mesure risque surtout d’augmenter le nombre de personnes ne maitrisant pas les compétences de base et se retrouvant donc en difficulté de lecture et d’écriture… On risque donc de voir arriver, dans le futur, davantage de personnes demandeuses de formations en alphabétisation, produits d’un système scolaire qui peine à se remettre en cause.
