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Quand le dernier jour de formation en alpha rime avec cimetière : billet d’humeur d’une visite à Court-Saint-Étienne

Le sujet de la religion (ou des convictions) arrive parfois sur la table de la formation, sans que les formateurs l’aient cherché. Mais comment faire pour en parler en étant à l’aise ? Quelle posture adopter pour aborder la religion comme une richesse permettant la découverte de chemins multiples où il est permis d’apprendre les uns des autres ? Comment cultiver en formation, l’humanisme et le pluralisme religieux ? A partir des étonnements ou des divergences qui peuvent émerger, pourquoi ne pas oser s’interroger ensemble, accroître sa qualité d’écoute ?

Nous nous étions déjà questionnés sur ce sujet en tant que travailleurs sociaux et formateurs salariés et volontaires, issus de diverses institutions.

Fin mars 2020, le confinement arrive. Début juin, l’implantation de Lire et Écrire Brabant wallon à Court-Saint-Etienne rouvre ses portes : distances physiques, masques, lavage des mains, des tables, des chaises, du tableau à l’aide de désinfectant, traces au sol, règles strictes. C’est le début d’autre chose.

Au mois de juillet, nous quitterons nos locaux actuels pour la rue des Métallurgistes, toujours à CSE. Impossible de quitter la rue Defalque, sans y avoir découvert, avec les apprenants, un mausolée inter-religieux classé unique en Europe. Il a été commandité début du XXe siècle par un grand laïc (partisan de la séparation de l’église et de l’État), professeur d’université en histoire comparée des religions et titulaire de la première chaire européenne dans ce domaine à l’Université Libre de Bruxelles. Ce mausolée a pour but de rendre hommage aux religions passées et présentes en tant que quête de l’homme vers l’infini, tension vers une dimension qui dépasse et honore l’instant qu’est une vie humaine : la sagesse, l’amour, la paix du cœur : ce qui ne se laisse enfermer dans aucun mot. Les apprenants y découvrent des symboles empruntés aux grandes cultures de la planète dans des langues différentes, à des époques différentes. Chaque symbole est d’abord une interrogation. Nous tournons autour du mausolée et découvrons une à une, ces traces. Les apprenants reconnaissent certains signes, essaient d’imaginer le sens d’autres. Des phrases écrites en français venant de différentes religions leur posent question : certains veulent les comprendre !
Sur le fronton du mausolée, une phrase en français et latin : « L’Être unique a plus d’un nom ». Pensée qui se veut respectueuse de la multiplicité des expressions dans les aspirations humaines les plus hautes. En somme, de la multiplicité des apparences.

Les apprenants sont impressionnés par cette ouverture d’esprit aux religions du monde, aiguisée par les voyages, à une époque où on voyageait peu. « Comment a-t-il appris tout cela ? » demande un apprenant.
Un apprenant reconnait les deux sphynx égyptiens de l’entrée. Le mausolée est inspiré des stupas hindous, des architectures grecque, ommeyyade et romane. On peut lire Odin en caractères runiques, Allah en arabe, Tu es en grec, le tétragramme sacré des Juifs, An des Chaldéens, le dessin du Dharma, roue de la Loi bouddhiste, Thian en caractères chinois et j’en passe…

Murielle Van Bunnen, formatrice

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