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Il n’est jamais trop tard pour apprendre
L’entretien revient notamment sur la honte et la culpabilité qui accompagnent encore trop souvent les difficultés avec la lecture et l’écriture.
Pour Lire et Écrire, il est essentiel de rappeler que ces difficultés ne relèvent pas simplement d’une responsabilité individuelle. Des adultes ont été scolarisés en Belgique sans avoir acquis une autonomie suffisante en lecture, en écriture ou en calcul.
« Il n’est jamais trop tard pour apprendre, réapprendre à lire, écrire ou calculer. »
Les conséquences dépassent largement la seule capacité à déchiffrer un texte. Devoir demander à quelqu’un de lire un courrier, une facture ou un document médical peut également porter atteinte à l’autonomie et à l’intimité des personnes.
Un adulte sur dix concerné
Les résultats des enquêtes PISA et les difficultés rencontrées par une partie des jeunes dans les apprentissages fondamentaux ont également été évoqués au cours de l’émission.
Sans établir de lien automatique entre difficultés scolaires et illettrisme à l’âge adulte, l’entretien rappelle qu’on estime qu’environ un adulte sur dix rencontre d’importantes difficultés avec l’écrit. Il souligne également l’absence, en Belgique francophone, d’une enquête permettant aujourd’hui de mesurer précisément les compétences de la population adulte.
Pour Lire et Écrire, cette réalité ne peut être considérée comme une fatalité.
« Lire et écrire, ça change la vie »
Cette Journée internationale de l’alphabétisation est aussi l’occasion pour le Mouvement Lire et Écrire de porter sa campagne « Lire et écrire, ça change la vie ».
Soutenue notamment par Youssef Swatt’s, Geneviève Damas et Bruno Coppens, elle met en lumière ce que l’apprentissage ou le réapprentissage de la lecture et de l’écriture peut changer concrètement dans une vie : gagner en autonomie, retrouver de la confiance et pouvoir davantage agir par soi-même.
Elle rappelle surtout un principe fondamental : l’alphabétisation est un droit.
Des besoins croissants, des moyens en baisse
L’entretien aborde également la situation préoccupante du secteur et de Lire et Écrire Wallonie picarde.
En 2025, 345 personnes ont participé aux formations proposées par l’ASBL. Pourtant, alors que les demandes restent nombreuses, la diminution des financements publics produit déjà des effets très concrets : deux travailleurs ont dû être licenciés en début d’année, une antenne de formation a été fermée et l’organisation de certains services a dû être revue.
L’ASBL cherche aujourd’hui à diversifier ses modes d’intervention et ses financements, notamment en développant des formations en partenariat avec les ETA (entreprises de travail adapté).
Mais ces nouvelles pistes ne peuvent répondre à tous les besoins. Lorsque les moyens diminuent, ce sont aussi les personnes les plus éloignées de l’emploi et des dispositifs institutionnels qui risquent de rester à l’écart.
🎧 Pour en savoir plus sur les réalités de l’illettrisme en Wallonie picarde, la campagne « Lire et écrire, ça change la vie » et les défis auxquels le secteur est confronté, écoutez l’intégralité de l’entretien avec Dominique Rossi dans Le Mardi 05H sur RQC.






